Lundi 31 décembre 2001, 25hqq 
    [...] À 24h00, on a eu le droit à des échos des Champs-Élysées, aux informations... Beaucoup d'étrangers, qui « sablent le champagne », dans le grand froid. Paysage connu pour moi.

    Oui. J'aurais au moins fêté une fois dans ma vie un jour de l'an. Tout à fait heureux. Celui de 1984. Je venais de passer trois semaines « sous les drapeaux », et surtout sous l'uniforme de l'armée française, qui est dans mon souvenir un survète bleu clair en acrylique rêche. J'étais allé passer cette perme du nouvel an à Paris, parce qu'à ma Vieille Ferme... je ne supportais plus. [...]

    J'avais donc décidé de passé le nouvel an à Paris, à l'auberge de jeunesse. Aussitôt dans le train, au milieu de ces bidasses — qui m'étaient tout à fait supportables quand on était tous dans le même bleu horizon acrylique, mais absolument sordides cronenbourrés ainsi dans ces wagons à soldats — l'idée de la désertion s'est mise à venir et repartir. Déserter : plus exactement, quitter la France, n'y jamais revenir. Une fugue, on va dire.

    À l'auberge, je ne sais plus comment, j'avais fait la connaissance d'un couple d'australiens. Un couple nouvellement formé je crois bien. Qui m'ont invité à venir avec eux sur les Champs Élysées, puisque je ne faisais rien de spécial... (Ils n'avaient déjà plus le service militaire obligatoire là-bas ; ils me prenaient en pitié...) Il y avait avec nous une autre fille, anglophone aussi, canadienne peut-être... Ou elle était australienne et les deux autres canadiens... Ou sudafricaine... Je ne sais plus...

    Jumelle de la Henriette de Dupuy et Berberian. (Henriette qui n'était sans doute pas encore conçue.) Tout : petite, assez grosse, à lunettes... Gentille. Nous étions l'autre couple. Nous le formions. Les Champs-Élysées étaient en liesse. Une fille simple, qui n'avait sans doute jamais quitté son pays avant tellement. J'étais bien avec elle. Je sentais déjà alors (quand même !) qu'elle aurait attendu peut-être un pas de plus de moi. Mais moi j'étais déjà heureux, et heureux comme je ne l'avais jamais été dans ma vie, alors...
Mise en ligne : lundi 4 février 2008, 22:17
Classé dans : 2001  |  Singes sous la pluie

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